LE CANCER DU FOIE
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Le nombre de cancers du foie primaires est en constante augmentation en France . Il atteint 5000 nouveaux cas par an. Ce phénomène est lié au nombre croissant de Français atteints d'hépatite chronique, infectieuse ou alcoolique. Ce chiffre est à relativiser lorsque l'on constate que le nombre de personnes concernées par les cancers du foie secondaires (métastases, liées à la dissémination de cellules cancéreuses d'une tumeur primaire localisée dans un autre organe) est 20 à 50 fois plus élevé.
Les hommes sont le plus souvent affectés par ce type de cancer, ils représentent 80% des cas. L'âge moyen de la survenue est de 63 ans.
Les différents types de cancers hépatiques.
Le foie est un organe qui assure à lui seul trois fonctions vitales:
- l'assimilation et le stockage nutritionnel (lipides, glucides, vitamines et fer).
- L'épuration des toxines et des déchets sanguins (globules rouges, bilirubine).
- la synthèse de molécules indispensables à la coagulation sanguine.
Il se situe à l'intérieur de l'abdomen, dans la partie supérieure droite. Il est presque complètement protégé par les côtes. Constitué de deux lobes, eux-mêmes divisés en un total de 8 segments, il représente entre autres particularités une capacité de régénération en cas de lésion ou d'ablation d'une partie de l'organe. Cette faculté reste limitée, lorsqu'il se produit des agressions répétées du foie, comme la consommation excessive d'alcool, la régénération hépatique devient imparfaite. C'est de cette façon que se crée la fibrose hépatique, puis la cirrhose qui conduit elle-même à une destruction progressive et inéluctable du foie.
La très grande majorité des cancers du foie sont appelés « carcinomes hépatocellulaires »
D'autres types de cancers primitifs du foie sont connus : les cholangiocarcinomes, développés à partir des voies biliaires, les hépatoblastomes de l'enfant et les angiosarcomes, développés suite à l'exposition à des produits toxiques.
Les facteurs de risques.
La cirrhose.
En Europe, près de 90% des carcinomes hépatocellulaires se développent chez les personnes souffrant d'une cirrhose. Qu'elle soit d'origine alcoolique, liée à une infection (hépatite B ou C) ou une maladie particulière (hémochromatose ou surcharge en fer), la cirrhose est en effet le principal facteur de risque de cancer du foie.
Toutes les personnes atteintes de cirrhose ne développeront pas nécessairement un cancer du foie. Limiter sa consommation d'alcool, se vacciner contre l'hépatite B sont des moyens efficaces de réduire son risque de cirrhose et donc de cancer du foie.
Les virus des hépatites B et C peuvent transmettre par contamination sanguine, notamment lors d'administration de drogues par voie nasale ou intraveineuse. Pour se protéger des risques d'infection et donc de cancer hépatique, il est indispensable de ne jamais partager le matériel utilisé pour s'injecter ou inhaler une drogue.
Pour les patients atteints de cirrhose infectieuse, il existe des traitements qui permettent de limiter le risque de cancer : lorsque les premiers signes de fibrose du foie ou de cirrhose apparaissent, il est possible de prendre un traitement antiviral spécifique qui va ralentir l'évolution de la maladie hépatique.
Les toxines.
Dans les pays en développement, la consommation d'aliments contaminés par une moisissure qui produit des substances cancérigènes (aflatoxines) est à l'origine d'un pourcentage important des cas de cancer du foie.
Le diagnostic du cancer du foie.
Les examens radiologiques (échographie, scanner, IRM) permettent de préciser le diagnostic. Dans tous les cas, ils seront nécessairement suivis d'un prélèvement (biopsie) qui permettra de confirmer ce diagnostic et de définir les caractéristiques de la tumeur.
Il est possible de détecter un cancer du foie précocement, par dosage d'une protéine dans le sang : l'alfa foeto protéine. Cette protéine est produite par certaines tumeurs. Son dosage est répété au cours du traitement et du suivi afin de suivre l'évolution de la tumeur.
La plupart des cancers se développent sur un foie atteint de cirrhose, un bilan des fonctions hépatiques doit aussi être effectué. Cette étape est essentiel pour déterminer le type de traitement à administrer, en fonction de l'état du foie.
Les traitements.
Le traitement des cancers du foie est essentiellement chirurgical. Il doit être adapté au type de tumeur diagnostiqué et surtout à sa taille. La chirurgie ne peut être envisagée que si la taille du foie sain qui sera laissé en place est suffisante.
D'autres techniques se développent actuellement afin d'éviter le recours à la chirurgie, en agissant localement pour détruire les lésions cancéreuses (chimio-embolisation, alcoolisation, ultrasons).
Dans le cas de tumeur du foie unique et de petite taille, la chirurgie permet souvent une ablation totale de la tumeur. L'intervention est généralement suivie d'une chimiothérapie afin de limiter le risque d'apparition de nouvelles tumeurs. Aujourd'hui, grâce à cette prise en charge, près de 50% des patients guérissent.
Lorsque le foie est atteint de façon massive, voire généralisée, il n'est possible d'enlever la totalité de l'organe que si la greffe d'un nouveau foie est réalisée au cours de l'intervention.
Lorsqu'il est impossible d'envisager un geste chirurgical, la chimiothérapie est la meilleure option.
Vivre avec la maladie.
Un suivi régulier est indispensable pour détecter précocement l'éventuelle apparition de nouvelles lésions. Outre l'examen clinique par un médecin, des tests sanguins (dosage de l'alpha foeto protéine), des échographies et des scanners seront réalisés.
Une bonne hygiène de vie devra être adoptée, en particulier vis-à-vis de la consommation d'alcool.
Lorsque les tests montreront une évolution, favorable et durable, de la maladie, le suivi sera moins rapproché, mais il s'exercera tout au long de la vie.
(source, arc-cancer)
pour en savoir plus : www.arc-cancer.net
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